STÉNOGRAPHIE
Procédé permettant d'écrire très rapidement un texte à la main au moyen de signes conventionnels. Les Égyptiens, les Hébreux, les Grecs (Socrate, en particulier) ont connu des notations analogues à la sténographie. Mais il faut attendre la civilisation romaine pour trouver un système cohérent : c'est celui des « notes », qu'aurait mis au point le secrétaire de Cicéron en 53 avant J.-C. et qui fut abondamment pratiqué par les Romains, puis, à peu près sans changement, jusqu'au Moyen Âge.
À cette époque, les principaux modes d'abréviation sont les contractions, la suspension ou l'inachèvement du mot, les signes conventionnels pour suppléer à des mots entiers.
Le premier traité français de sténographie phonétique, dû à l'abbé Jacques Cossart, fut publié en 1651. Le principal défaut de son alphabet, outre sa difficulté, était de représenter par des signes presque semblables plusieurs lettres n'ayant rien de commun au point de vue phonétique. Ce traité semble être resté inconnu. Charles Aloys Ramsay appliqua le système anglais Shelton aux langues latine, allemande, française et italienne. L'adaptation française parut en 1678.

Coulon de Thévenot est l'auteur de la tachygraphie (1786) ; c'est le premier système sténographique français pratiquement utilisable. Il fit un alphabet de 7 000 mots où à chaque mot correspondrait un caractère abrégé. Puis il inventa un système syllabique, chaque signe désignant une syllabe. En 1782, il changea la base de son système, qui devint alphabétique. L'Académie française des sciences le jugea satisfaisant, et l'auteur n'apporta plus que des abréviations. Théodore Pierre Bertin (1751 - 1818) adapta la méthode Taylor au français; le système Taylor-Bertin fut le premier « sténogrammique », c'est-à-dire le premier permettant de lier les signes entre eux de manière à sténographier un mot entier sans lever la main.

Un auteur ayant le mieux complété l'oeuvre de Bertin est Hippolyte Prévost 1808-1873 qui a eu comme préoccupation unique celle de rendre lisible le système Taylor-Bertin en augmentant le nombre des signes. Cette méthode fut encore améliorée par un élève de Prévost, Albert Delaunay. Le nombre de systèmes couramment pratiqués s'est réduit, mais pour le français il en reste encore trois se partageant la faveur de la grande majorité des sténographes : PrévostDelaunay, Aimé Paris et Duployé.De nos jours, on tend à préférer au vocable "sténographie", l'expression "saisie de la parole", étant donné qu'existent actuellement un grand nombre de techniques rapides permettant de saisir la parole "au vol".
Transcription :
Pour devenir un bon sténographe, il faut dès le début vouer tous ses soins à bien faire ses signes. Un signe mal fait se lit mal. Or, même s'il connaît son art à fond, le sténographe qui ne peut relire les mots qu'il a écrits va au devant des pires ennuis. Il ne pourra dès lors s'en prendre qu'à lui-même de son échec.

La sténographie jusqu'à nos jours...

Avant Jésus-Christ déjà, la parole a été saisie en sténographie, au moyen du stylet gravant la tablette de bois ou de cire, puis du crayon courant sur le papier.
Elle se mécanisa ensuite et, vers 1920, on vit apparaître en France une machine qui, à l'aide d'un clavier réduit, transcrivait la parole selon un système phonétique. Cette méthode fut appelée « sténotypie ». L'arrivée de l'ordinateur et la mise au point de nouveaux logiciels permirent à la saisie de la parole d'atteindre un nouveau développement. Deux techniques sont actuellement à l'avant-garde :
la première utilise un ordinateur muni d'un clavier spécial et d'un logiciel permettant à l'utilisateur de saisir la parole au fur et à mesure qu'elle est prononcée, même à des vitesses dépassant 450 syllabes à la minute. Le système est basé sur un dictionnaire de mots codés en phonétique et un logiciel de correction de texte instantané.
la seconde, appelée reconnaissance vocale, ne fait plus appel au clavier pour enregistrer le texte dicté, mais à la voix qui est transmise à l'ordinateur au moyen d'un micro spécial.
Ces méthodes permettent entre autres le sous-titrage instantané, c'est-à-dire en temps réel, d'émissions TV par exemple.
Mais il ne faut pas s'y tromper ; ces nouvelles techniques requièrent un temps d'apprentissage aussi long, si ce n'est plus, que la sténographie.
Une sténotypiste en action
La pratique de la Reconnaissance vocale, avec le steno-mask